Viraj Aero, décarboner l’aviation sans attendre 2040
Fondée en 2024 à Toulouse, Viraj Aero développe une technologie brevetée d’injection de vapeur d’eau dans les turbines aéronautiques. Objectif : réduire l’impact climatique des avions grâce à un module additionnel adaptable aux moteurs existants. Installée dans un hangar de l’aéroport Toulouse-Blagnac, la jeune pousse accélère son passage à l’échelle réelle et vise une première mise en service en 2028 sur des avions légers.
Création : 2024
Siège : Toulouse
Président/dirigeant : Joseph Risson (président), Mathilde Bouilloux (directrice générale)
Effectif : 10
Site : www.viraj-aero.com
Comment réduire l’empreinte de l’aviation à court terme ? C’est l’une des questions posées par Mathilde Bouilloux, directrice générale de Viraj Aero, et Joseph Risson, président. « Nous voulions proposer une solution disponible dès 2028, et pas devoir attendre 2040 », expliquent-ils. Leur réponse : adapter à l’aéronautique un principe déjà utilisé au sol dans certaines turbines de production d’électricité, soit l’injection de vapeur d’eau dans la chambre de combustion. Concrètement : le module de Viraj Aero s’ajoute sur des turbines existantes et améliore l’efficacité du moteur tout en réduisant certains effets climatiques. « On agit notamment sur les traînées blanches derrière les avions », illustre Mathilde Bouilloux.
La jeune entreprise a d’abord validé ses concepts sur des prototypes à échelle réduite, adaptés à des drones et avions d’aéromodélisme. Elle a désormais engagé les travaux sur un moteur à échelle réelle. Le premier moteur complet est attendu pour fin 2026, avec un vol d’essai dans la foulée.
Viraj Aero compte aujourd’hui 10 collaborateurs, principalement des ingénieurs, et prévoit de porter ses effectifs à 16 personnes d’ici fin 2026 pour accompagner cette montée en puissance.
Sa stratégie commerciale cible dans un premier temps les avions légers de quatre passagers. « Nous avons déjà signé pour 13 M€ de lettres d’intention pour notre premier produit », précisent les dirigeants. Cette première phase doit permettre de financer le développement vers des appareils plus importants, notamment les turbopropulseurs, avec un horizon 2031 pour l’aviation régionale.
Pour financer ses prochaines étapes – essais à grande échelle, certification, industrialisation – la société prépare une opération de levée de fonds. Celle-ci doit soutenir le passage à l’échelle réelle et sécuriser les jalons techniques menant à la commercialisation en 2028.[SN1.1]
Les fondateurs mettent en avant l’accompagnement régional dont ils bénéficient. « AD’OCC nous accompagne depuis nos débuts, nous permettant de structurer notre développement, d’accéder aux bons dispositifs de financement et de nous inscrire pleinement dans l’écosystème régional d’innovation. », expliquent-ils.